Les Fangs forment un groupe ethnique largement représenté en Afrique centrale au Gabon et en Guinée-Équatoriale (30 et 70% de la population) mais aussi en plus petit nombre au Cameroun et au Congo-Brazzaville. Les langues Fangs se déclinent en plusieurs dialectes et créoles.
Ce type de masque était utilisé par la société masculine Ngil qui n’existe plus de nos jours. Cette société secrète chargée des initiations luttait contre la sorcellerie.
Le Ngil est un rite du feu purificateur symbolisé par le gorille. Les porteurs de ces masques faisaient leur apparition la nuit dans les villages, éclairés par des torches, la face couverte de kaolin (la couleur blanche évoque le pouvoir des ancêtres). Ce type de masque en blanc incarnait l’esprit d’un défunt.
Le Ngil avait aussi une fonction judiciaire qui lui permettait de désigner les coupables de mauvaises actions au sein du village : cela donnait suite à des meurtres rituels. La voix du porteur du masque ne devait pas être identifiée. Le fait qu’il n’y ait pas de percée pour la bouche permettait à déformer la voix de celui qui dansait avec le masque.
Selon l’ethnologue Philippe Laburthe-Tolra, le Ngil était la forme locale de l’inquisition, pratiquant menaces et atrocités qui arrachaient des aveux par de cruelles tortures aux malheureux suspects de sorcellerie.
Les autorités coloniales françaises interdirent ce type de masque vers 1910.

Larges emprunts à https://www.masque-africain.com/masques-d-afrique.html et au musée Dapper.