Le Masque Punu: Les Punu font partie de la quarantaine d’ethnies du Gabon. Leur langue est le yipunu, seconde en nombre de locuteurs après la langue Fang. Punu signifie aussi bien « guerrier valeureux » que « bandit de grand chemin, meurtrier ». Ils ont toujours eu des croyances sacrées qui légitiment le pouvoir des chefs, déterminent les rapports entre clans et commandent les gestes de l’existence. Certains esprits des morts étaient bénéfiques, d’autres maléfiques. Les nganga (prêtres) reconnus pour leur connaissance des phénomènes surnaturels, étaient les maîtres des forces occultes. Ils guérissaient, protégeaient en fournissant talismans ou fétiches.

Les sociétés secrètes jouent un rôle important dans la vie politique et sociale des Punus. Il fallait parfois pour combattre les désordres, les abus, les déviances par des moyens collectifs, sévères et expéditifs grâce aux sociétés secrètes telles que le mwiri et le bwiti. Le mwiri (ce mot signifie : diriger) rassemblait autrefois tous les hommes des villages Punus : c’était le symbole de la force, de la puissance, de la virilité et aussi de la vérité. Il était très craint surtout des femmes qui étaient tuées quand elles tentaient d’en percer le secret. Le mwiri est un génie aquatique, un saurien géant. On retrouve d’ailleurs un motif à écailles de saurien en tant que scarification sur les tempes et front de nombreux masques blancs notamment Punu.

Les Punus sont réputés pour la mystérieuse beauté de leurs masques avec leur face blanche peinte au kaolin et l’extrême finesse de leur trait. Ils expriment la sérénité des anciens qui les protègent et les conseillent depuis le royaume des morts.

Le masque Punu et d’autres masques africains gravés dans la pierre (luminescente ou non) sont présentés ici:

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Le mwiri pratique plusieurs danses, la plus populaire est celle de l’Okuyi. Dans cette danse, les masques blancs sont utilisés notamment au moment des deuils, des cérémonies d’initiation. Les masques okuyi ont pour rôle de relier les vivants aux morts et ont un rôle de captation des forces occultes de ces derniers.  Les masques noirs sont destinés à démasquer les sorciers.

Les scarifications frontales ou temporales en forme de losange de neuf points représentent leur cosmogonie et évoquent la notion de perfection et de sagesse. Le point central est le créateur (Dieu) qui a donné naissance aux quatre points cardinaux(le monde) ainsi qu’aux deux couples primordiaux (les humains). D’autres pensent que le chiffre 9 serait en rapport avec les 9 clans d’origines et les 9 routes de la migration. La disposition des écailles en losange serait féminine et celle en carré serait masculine.

Sachant que la plupart des masques Punu ont un motif en losange sur le front et deux motifs en carré sur les tempes, cela signifie peut-être que les masques sont androgynes.

Ce signe distinctif, nommé mabinda, était gravé dans la chair des enfants entre l’âge de dix et quatorze ans.

Les danseurs, dont le public ne devait connaître les noms sont montés sur des échasses. Ils sont invisibles sous le costume de fibre recouvrant le haut des échasses. Ils tiennent le masque entre leurs dents à l’aide d’une petite baguette de bois fixé au dos du masque. Le danseur, des chasse-mouches dans chaque main, par ses gesticulations et acrobaties, doit redonner vie à l’image d’un mort ou de la mort. Il sort de la brousse à l’aube ou au crépuscule, jamais en pleine lumière.